PFAS et TFA : quelles sont les concentrations dans l’eau de la métropole de Lyon ? 

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PFAS et TFA : quelles sont les concentrations dans l’eau de la métropole de Lyon ? 

Eau du Grand Lyon est fortement mobilisée depuis 2 ans pour rechercher, suivre et comprendre les évolutions et impacts de ces micropolluants dans l’eau sur l’ensemble de la métropole.

Quelles sont les actions de contrôle mises en œuvre sur notre territoire ? Quelles sont les mesures relevées ? 

Surveillance des PFAS dans les eaux de consommation de la métropole de Lyon

Sur l’année 2024, 480 mesures ont été réalisées sur l’ensemble de la métropole de Lyon. Ces mesures concernent la somme des 20 perfluorés ciblés “préoccupants”, réglementée par le code de la santé publique, et dont la limite de qualité sera fixée à 100 nanogrammes/L à partir de janvier 2026. 

Un double contrôle

Les PFAS sont contrôlés et mesurés à deux niveaux : 

  • Eau du Grand Lyon s’engage à suivre ces molécules via un programme d’autosurveillance volontaire qui s’adapte aux évolutions réglementaires et normatives. Les fréquences de mesures sont définies par secteur, afin d’alimenter un suivi des données le plus fiable et représentatif possible.
  • L’ Agence Régionale de Santé, en tant qu’autorité sanitaire, réalise des analyses indépendantes sur chaque secteur : il s’agit du contrôle réglementaire

Les valeurs mesurées 

Les résultats présentés ci-dessous reprennent les valeurs mesurées par secteur dans le cadre des deux contrôles. Les mesures sont réalisées sur 5 secteurs, correspondant à des ressources en eau d’origines différentes sur le territoire.

Suivi des PFAS dans les eaux de consommation de la métropole de Lyon - Eau du Grand Lyon
  • À savoir sur le secteur Marcy-l’Etoile :

Secteur alimenté par la nappe alluviale du Rhône, captée à Ternay et à Crépieux-Charmy, ainsi que par la nappe alluviale du Garon captée à Vourles.
Depuis juin 2024, une interconnexion avec le réseau d’eau métropolitain en provenance du champ captant de Crépieux-Charmy permet de diluer l’eau distribuée sur ce secteur et de faire baisser la moyenne des mesures à 85 ng/L (36 mesures réalisées depuis juin 2024), permettant de respecter la limite de qualité sur ce paramètre. 

  • À savoir sur le secteur Lissieu, Quincieux et La-Tour-de-Salvagny :

Secteur alimenté par la nappe alluviale de la Saône, principalement depuis les champs captant Grande Bordière (Ambérieux d’Azergues) et Pré aux Iles (Quincieux).
Les premières mesures datent de janvier 2025, date à laquelle ces communes ont rejoint Eau du Grand Lyon.

  • À savoir sur le secteur Givors et Grigny :

Secteur alimenté par la nappe alluviale du Rhône, captée à Ternay.
Des travaux ont été lancés à l’usine Rhône-Sud de Ternay pour installer un système de filtration des PFAS sur charbons actifs. Cette solution permettra de respecter la limite de qualité de 100ng/L courant 2026.

  • À savoir sur le secteur Solaize :

Secteur alimenté par la nappe alluviale du Rhône, captée à Ternay.
L’installation du système de filtration des PFAS sur charbons actifs à l’usine Rhône-Sud de Ternay permettra également de respecter la limite de qualité de 100ng/L courant 2026.

  • À savoir sur toutes les autres communes de la Métropole de Lyon :

Communes alimentées par l’eau provenant principalement de la nappe alluviale du Rhône, prélevée dans le champ captant de Crépieux-Charmy. Avec une moyenne de 16 nanogrammes/L, la quasi totalité de la métropole de Lyon, alimentée par le champ captant de Crépieux-Charmy, bénéficie d’une eau qui comporte une teneur très faible en PFAS, bien en dessous de la norme des 100 nanogrammes/L applicable en 2026 (sur la somme des 20 PFAS ciblés). 

Surveillance du TFA dans les eaux de consommation de la métropole de Lyon

L’acide trifluoroacétique (TFA) est un micropolluant considéré comme le “plus petit” des PFAS. Il n’est pas à ce jour réglementé en France et ne fait pas partie de la liste des 20 PFAS dits “préoccupants” surveillés par les autorités de santé et les distributeurs d’eau potable. 

Bien que les risques sanitaires présentés par le TFA sont encore mal connus, il est supposé avoir les mêmes effets toxiques que les autres PFAS et être un perturbateur endocrinien. Des études scientifiques, actuellement menées par l’ANSES et par l’Organisation mondiale de la Santé, permettront de préciser les risques et de proposer des valeurs sanitaires. 

En l’absence de cadre réglementaire, mais par mesure de précaution, Eau du Grand Lyon a engagé une démarche de surveillance systématique du TFA dans ses analyses de qualité de l’eau depuis l’été 2024.

Un cycle de mesures d’un an minimum sera nécessaire pour tirer des conclusions fiables sur l’état de la ressource en eau. Eau du Grand Lyon s’engage à communiquer les résultats régulièrement. 

Les valeurs mesurées 

Depuis le 17 juin 2024, 108 mesures ont été réalisées sur l’ensemble de la métropole de Lyon. Dans l’attente des travaux en cours de l’OMS et de l’Anses sur cette molécule, la France retient les mesures de gestion adoptées en Allemagne : la valeur sanitaire seuil de 60 000 nanogrammes /litre est utilisée, avec la volonté de définir une trajectoire de réduction vers une concentration inférieure à 10 000 nanogrammes /litre

Les mesures sont réalisées sur 5 secteurs, correspondant à des ressources en eau d’origines différentes sur le territoire.

Suivi des TFA dans les eaux de consommation de la métropole de Lyon - Eau du Grand Lyon
  • À savoir sur le secteur Marcy-l’Etoile :

Secteur alimenté par la nappe alluviale du Rhône, captée à Ternay et à Crépieux-Charmy, ainsi que par la nappe alluviale du Garon captée à Vourles.

  • À savoir sur le secteur Lissieu, Quincieux et La-Tour-de-Salvagny :

Secteur alimenté par la nappe alluviale de la Saône, principalement depuis les champs captant Grande Bordière (Ambérieux-d’Azergues) et Pré aux Iles (Quincieux).
*Résultats à confirmer dans les mois à venir. Les analyses ont été réalisées avec un laboratoire dont l’incertitude est de 50 %. 

  • À savoir sur le secteur Givors et Grigny :

Secteur alimenté par la nappe alluviale du Rhône, captée à Ternay.

  • À savoir sur le secteur Solaize :

Secteur alimenté par la nappe alluviale du Rhône, captée à Ternay.

  • À savoir sur toutes les autres communes de la Métropole de Lyon :

Communes alimentées par l’eau provenant principalement de la nappe alluviale du Rhône, prélevée dans le champ captant de Crépieux-Charmy.
Les analyses sont réalisées par un laboratoire partenaire, le laboratoire Carso. 

L’exposition au TFA pas seulement dans l’eau 

Si les PFAS et TFA se mesurent aujourd’hui dans l’eau, la pollution s’étend plus largement aux sols, à l’air, à l’alimentation et aux produits de consommation. La pollution mesurée dans l’eau potable reste bien inférieure aux autres sources d’exposition.

Un rapport européen publié en 2017 met en lumière les concentrations de TFA relevées dans des produits d’origine végétale, à des taux bien plus élevés que dans l’eau que nous buvons. L’étude mesure la quantité de TFA contenu dans 1 kg d’aliment. 

Quantité de TFA mesurée dans 1 litre d’eau, en comparaison avec 1 kg d’aliments végétaux 

Source : https://www.eurl-pesticides.eu/userfiles/file/eurlsrm/eurlsrm_residue-observation_tfa-dfa.pdf